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La dimension organisationnelle de la low-tech: intervention à l'atelier sobriété de l’AREC IDF

A l’occasion de l’atelier « Low tech et sobriété de la conception à l'usage » du cycle « Fabrique de la sobriété » de l’AREC Ile-de-France, qui s’est tenu à la Maison du Zéro Déchet le 1er juillet dernier, nous sommes intervenus pour présenter les leçons tirées d’expérimentations low-tech, pour organiser collectivement la sobriété.


La low-tech est une démarche visant à faire converger nos besoins réels avec les limites naturelles qui s’imposent à nous. Les publications du LowTechLab et de l’ADEME constituent des références pour définir et comprendre le sujet. La low-tech est souvent associée à des technologies emblématiques telles que le four solaire ou les toilettes sèches, la low-tech : des systèmes utiles, accessibles, favorisant l’autonomie, et locaux.


Pourtant, la low-tech ne se résume pas à des techniques faiblement technologisées : c’est avant tout une démarche qui invite à questionner les besoins. Notre projet de recherche vient ainsi interroger les usages qui émergent de la low-tech, qui sont porteurs d’une tension centrale : comment réussir à modérer sans imposer ?




Nos observations d’initiatives low-tech depuis 2 ans amènent à tirer plusieurs résultats préliminaires :

1. La low-tech nécessite de repenser l’organisation des espaces de vie et des routines. Par exemple, la mise en service d’un four solaire ne suffit pas à faire fonctionner toute une cuisine collective de façon sobre : il faut repenser l’organisation du temps, de l’espace et des tâches pour s’adapter aux contraintes imposées par la saisonnalité, les durées, ou encore les modes de cuisson.

2. Trop de sobriété « tue » la sobriété : lorsqu’un niveau de chauffage trop faible est imposé, le froid ressenti conduit certaines personnes à trouver des moyens détournés pour se réchauffer, comme l’utilisation d’un chauffage d’appoint, générant le fameux « effet rebond ».

3. La low-tech doit créer ses propres règles du jeu, car elle ne crée pas la même valeur que les solutions auxquelles nous sommes habitués : la reconnexion avec la nature, l’émancipation d’une dépendance à des ressources naturelles coûteuses et qui se raréfient, la sociabilisation, sont des exemples de plus-value perçue par celles et ceux qui expérimentent volontairement la low-tech.

4. Low-tech ne veut pas dire « pas de technologie » : souvent opposée à la high-tech, la low-tech ne consiste pas à rejeter la technologie. Les outils de mesure et de suivi sont par exemple utiles pour comprendre comment l’habitat « réagit » aux low-tech. La technologie est plutôt pensée comme un support à des modes de vie repensés, et non comme une solution de premier recours.


Ces leçons constituent de premières briques de résultats du projet de recherche « Sobriété symbiotique », visant à faire révéler les pratiques de sobriété qui renversent le rapport de l’homme à la nature, et à déterminer leurs leviers de démocratisation. Ce projet se poursuit en collaboration avec le Campus de la Transition, qui expérimente depuis trois hivers consécutifs une démarche low-tech pour affronter le froid hivernal, par son « Opération Sibérie ».

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